Sous forme de questions/réponses, nous allons tenter de vous donner des réponses claires à la situation du 20 Mai 2026.
1- Qu’est ce que la règlementation européenne Novel Food ?
Le Novel Food désigne tout aliment peu ou pas consommé en Europe avant 1997.
La règle est simple : avant qu'un aliment puisse être vendu sur le marché européen, son producteur doit prouver qu'il ne présente aucun risque pour la santé. C'est une agence scientifique indépendante, l'EFSA, qui évalue le dossier. Sans son feu vert, la commercialisation est interdite en Europe.
2- Qu’est-ce que l’EFSA ?
L’EFSA est l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Elle évalue les risques sanitaires liés aux aliments, ingrédients, additifs ou nouveaux aliments. Pour le CBD, elle examine si sa consommation alimentaire est suffisamment sûre pour les consommateurs.. C'est donc le bras scientifique de l'Europe en matière de sécurité alimentaire.
3- Pourquoi le CBD n’a pas l’agrément Novel Food ?
La situation du CBD est particulièrement complexe. En 2019, la Commission européenne a classé le CBD, comme Novel Food, estimant qu'il n'était pas consommés de manière significative en Europe avant 1997. Les fabricants ont donc dû déposer des dossiers auprès de l'EFSA pour obtenir une autorisation.
Or, à ce jour, aucun produit CBD commercialisé en Europe n'a encore obtenu l'agrément.
L'EFSA a elle-même reconnu ne pas disposer de suffisamment de données pour conclure que le CBD est sans danger, en particulier sur des populations sensibles comme les femmes enceintes ou les enfants.
Le CBD se situe à la frontière entre aliment, complément alimentaire et médicament, ce qui complique son évaluation et ralentit les procédures.
En pratique, de nombreux produits au CBD sont pourtant toujours vendus en Europe. Les États membres appliquent la réglementation avec des niveaux de tolérance variables, dans l'attente d'une décision européenne définitive.
4- Qu’est ce que la DGAL et son rôle ?
La DGAL est la Direction générale de l’alimentation, rattachée au ministère de l’Agriculture. Elle intervient notamment dans le contrôle de la sécurité sanitaire des aliments. Pour les compléments alimentaires, elle reçoit désormais les déclarations via Compl’Alim et peut organiser des contrôles. Concernant le CBD, son champ d’intervention porte uniquement sur les produits relevant de l’alimentation : les denrées alimentaires contenant du CBD,comme les bonbons, boissons ou barres enrichies, ainsi que les compléments alimentaires, tels que les huiles ou capsules destinées à être ingérées.
5- Combien de compléments alimentaires contenant du CBD a été déclaré à la DGAL ?
Depuis mi-2023, tous les produits alimentaires contenant du CBD doivent être déclarés comme compléments alimentaires auprès de la DGAL. De nombreux opérateurs comme Apothicann ont effectué cette démarche avant de commercialiser leurs produits. Des représentants de la filière évoquent environ 800 produits déclarés mais ce chiffre doit être présenté comme une estimation , non comme un chiffre officiel de l’administration.
6- Pourquoi avoir permis la déclaration des compléments alimentaires de CBD ?
La déclaration permettait d’identifier les produits mis sur le marché, leurs fabricants, leur composition et leur étiquetage. Elle facilitait ainsi le suivi administratif et les contrôles par les autorités compétentes. Toutefois, cette déclaration ne valait pas autorisation au titre de la réglementation européenne « Novel Food » : elle ne rendait donc pas légal un ingrédient qui n’était pas autorisé au niveau européen. La France avait souhaité mettre en place ce cadre déclaratif afin d’assurer un meilleur contrôle du marché dans l’attente d’une éventuelle autorisation européenne du CBD comme ingrédient alimentaire.
7- Le CBD est-il totalement interdit en France ?
Non. Le CBD n’est pas totalement interdit. L’interdiction concerne les denrées alimentaires et les compléments alimentaires contenant du CBD, dont le contrôle relève de la DGAL. D’autres formes de produits peuvent rester commercialisées si elles respectent leur propre réglementation, distincte de celle applicable aux denrées alimentaires : par exemple certains cosmétiques, e-liquides, fleurs ou produits non alimentaires, sous conditions, notamment concernant le taux de THC et l’absence d’allégations médicales.
8- Pourquoi avoir interdit tous les compléments alimentaires à base de CBD ?
Parce que les compléments alimentaires sont juridiquement des denrées alimentaires. Or le CBD utilisé comme ingrédient alimentaire n’est pas autorisé dans l’Union européenne au titre de la réglementation Novel Food. Le ministère de l’Agriculture a donc rappelé le 20 mai 2026 que ces produits devaient être retirés du marché.
9- Pourquoi les compléments alimentaires dont la chaine de production est transparente ne peuvent plus être commercialisés ?
Parce que la transparence, la traçabilité ou la qualité de fabrication ne suffisent pas à remplacer une autorisation européenne. Un produit peut être sérieux, bien fabriqué et bien documenté, mais rester non commercialisable si son ingrédient principal — ici le CBD alimentaire — n’est pas autorisé comme Novel Food.
10- Existe-t-il des syndicats qui défendent l’accès aux compléments alimentaires de CBD ?
Oui. Plusieurs organisations professionnelles défendent la filière du chanvre et du CBD, notamment des structures comme l’AFPC, l’UIVEC ou l’Union des professionnels du CBD. Elles demandent généralement un encadrement plutôt qu’un retrait généralisé, mais leur position ne modifie pas à elle seule le cadre juridique applicable.
11-Il y a-t-il des compléments alimentaires avec du CBD commercialisés en France qui ont un dossier déposé à l’EFSA ?
Oui, des dossiers CBD ont été déposés au niveau européen : l’EFSA indiquait déjà en 2022 que la Commission européenne avait reçu plus de 150 demandes d’autorisation concernant le CBD comme Novel Food. Mais déposer un dossier ne signifie pas obtenir une autorisation. Plusieurs procédures ont été arrêtées ou n’ont pas abouti à une inscription du CBD sur la liste européenne des nouveaux aliments autorisés. Les produits de la gamme Apothicann via Spectrum ont été déposés à l’EFSA.
12-Si j’utilise les huiles de CBD en massage, comment faire pour en trouver ?
Il convient de rechercher des produits clairement présentés comme cosmétiques ou comme huiles de massage à usage externe, et non comme des huiles à avaler, des compléments alimentaires ou des produits sublinguaux. L’étiquette doit indiquer explicitement un usage externe uniquement, sans allégation médicale.
La difficulté vient du fait que certaines structures ont pu détourner la réglementation cosmétique en présentant comme « cosmétiques » des produits qui étaient, en pratique, destinés à être avalés. Or une huile contenant du CBD peut parfois sembler similaire selon sa composition ou sa présentation, mais ce qui détermine son cadre légal, c’est principalement son usage revendiqué, son étiquetage, sa présentation et la réglementation dont elle relève. Une huile destinée au massage relève du cadre cosmétique ; une huile destinée à être ingérée relève du cadre alimentaire ou du complément alimentaire.
13-J’ai une prescription de mon médecin, comment faire ?
Il faut en parler à votre médecin et à votre pharmacien. Selon votre situation, ils pourront vérifier s’il existe une solution relevant du circuit médical, notamment sous forme de préparation magistrale.
Une préparation magistrale est un médicament préparé en pharmacie, sur prescription médicale, pour répondre aux besoins particuliers d’un patient. Pour le CBD, il existe des références professionnelles appelées monographies, qui décrivent les exigences de qualité à respecter pour utiliser du CBD naturel ou du CBD synthétique dans ce cadre.
14-Pourquoi les e-liquides au CBD restent-elles autorisées en France ?
Les e-liquides au CBD restent autorisés en France pour une raison purement technique : étant inhalés et non ingérés, ils ne sont pas considérés comme des denrées alimentaires et échappent donc au règlement Novel Food. Le paradoxe est pourtant saisissant. Les compléments alimentaires au CBD, qui avaient fait l'objet de déclarations officielles et de procédures de traçabilité rigoureuses, sont aujourd'hui interdits de vente. En revanche, les e-liquides continuent d'être commercialisés librement, dans un cadre bien moins contrôlé — et c'est précisément dans cette catégorie que l'ANSM a identifié la présence de cannabinoïdes de synthèse dangereux comme le PTC, responsable d'hospitalisations chez des adolescents. La réglementation actuelle aboutit à une situation complexe : elle interdit les produits alimentaires au CBD les mieux encadrés, tout en laissant circuler des e-liquides dont certains contiennent des substances autrement plus dangereuses. C'est une illustration des limites d'une approche réglementaire par catégorie de produit, déconnectée de la réalité des risques sanitaires effectifs.
15-Qu’est-ce que le PTC ?
Le PTC, ou « Pète Ton Crâne », n’est pas du CBD classique. Il s’agit de produits pouvant contenir des cannabinoïdes de synthèse ou des substances très puissantes, associés à des risques sérieux pour la santé : malaises, vertiges, troubles psychiques, tachycardie ou intoxications.
Recommandation de prévention, notamment pour les adolescents : il ne faut pas acheter de vapoteuse ou de e-liquide n’importe où, notamment sur les réseaux sociaux, sur des sites non identifiés ou auprès de personnes inconnues. Il est également fortement déconseillé d’utiliser la vapoteuse d’un ami en soirée, car on ne sait pas toujours ce qu’elle contient.
Certains produits présentés comme du CBD peuvent contenir des cannabinoïdes de synthèse, beaucoup plus puissants et imprévisibles que le CBD classique. Ils peuvent provoquer des malaises, des vertiges, des troubles du comportement, une forte anxiété, des hallucinations, des troubles du rythme cardiaque ou des intoxications nécessitant une prise en charge médicale.
Le bon réflexe : ne jamais consommer un produit dont on ne connaît pas précisément l’origine, la composition et l’étiquetage.
16- J’ai encore des huiles ou gélules de CBD chez moi, suis-je dans l’illégalité ?
Le retrait vise la commercialisation des produits alimentaires contenant du CBD. Pour un consommateur, avoir un ancien produit chez soi n’est pas la même chose que le vendre.
17- Les médicaments à base de CBD ou les préparations magistrales vont-elles être interdites ?
Non, ce n’est pas le même cadre. Les médicaments à base de CBD ou de cannabis médical relèvent de la réglementation pharmaceutique, pas de la réglementation des compléments alimentaires.
18-Pourquoi les produits Apothicann sont retirés du site si ce sont des produits sérieux ?
Le retrait ne signifie pas que les produits étaient de mauvaise qualité. Il s’agit simplement d’être en conformité avec la position de la DGAL : les compléments alimentaires contenant du CBD ne peuvent plus être proposés à la vente tant que le CBD n’est pas autorisé comme ingrédient alimentaire Novel Food.
19- Quand peut on espérer un retour des compléments alimentaires contenant du CBD en France ?
Il n’y a pas de date certaine. Le retour dépendra d’une évolution au niveau européen : il faudrait qu’un dossier Novel Food obtienne une évaluation favorable et que le CBD soit autorisé pour certains usages alimentaires. L’EFSA a ouvert une piste en 2026 avec une dose provisoire très basse pour certaines formulations très spécifiques, mais cela ne vaut pas encore autorisation générale de commercialisation.
20 – Que puis-je prendre dans la gamme Apothicann pour remplacer le CBD ?
Il n’existe pas de substitut strictement équivalent au CBD. Chaque ingrédient a ses spécificités. En revanche, selon le besoin recherché, certains compléments alimentaires de la gamme Apothicann peuvent être proposés comme alternatives. N’hésitez pas à nous contacter ou à en parler à votre pharmacien ou votre médecin.
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