Accueil Plantes & Actifs Harpagophytum

Harpagophytum

L'harpagophytum ou griffe du diable pourrait aider à traiter les douleurs articulaires légères à modérées et favoriser la mobilité ainsi que le confort articulaire dans diverses pathologies rhumatismales y compris arthritiques.

Histoire médicale de l’harpagophytum

L’harpagophytum ou harpagophyton (Harpagophytum procumbens) est une plante médicinale originaire du sud de l’Afrique appartenant à la famille des Pedaliaceae. Son nom provient du mot grec « harpagos » qui signifie « grappin », en référence à la forme de ses fruits qui présentent des crochets recourbés. Cette particularité lui a d’ailleurs valu le surnom de « griffe du diable ».
Considéré comme un véritable trésor de guérison par les tribus autochtones de Namibie et du Bostwana, l’harpagophytum est utilisée traditionnellement depuis fort longtemps dans les régions semi-désertiques du sud du continent africain. Les indigènes Bantous et Bochimans utilisaient les racines de cette plante à la fois par voie orale afin de traiter la fièvre, les douleurs de l’accouchement et les indigestions et à la fois en usage externe sous la forme d’onguent en cas de maladies de peaux et de petites blessures.
Au XXe siècle, un fermier allemand constata l’efficacité de ce remède sur un blessé de guerre en Afrique du Sud et parvint à identifier la plante malgré la volonté du guérisseur de la garder secrète. Par la suite l’harpagophytum fut rapporté en Allemagne puis dans le reste de l’Europe afin d’en étudier les bénéfices pour la santé. La plante fut alors indiquée dans le traitement des rhumatismes, des réactions allergiques, des migraines et comme tonique amer.

Harpagophytum - L'harpagophytum ou griffe du diable pourrait aider à traiter les douleurs articulaires légères à modérées et favoriser la mobilité ainsi que le confort articulaire dans diverses pathologies rhumatismales y compris arthritiques.

Ce sont uniquement les racines secondaires de l’Harpagophytum procumbens qui sont utilisées comme remède médicinale. Une fois séchées et découpées, ces racines renferment une teneur minimale de 1.2% d’harpagoside. L’Harpagoside, le procumbide et l’harpagide sont les principes actifs les plus connus toutefois, ce ne sont pas les seules molécules responsables de l’activité pharmacologique de l’harpagophyton.

La composition chimique complète de ces tubercules est assez vaste : polysaccharides, phytostérols libres et hétérosidiques, acides phénols, glucosides phénoliques, flavonoïdes, iridoïdes hydrosolubles (harpagoside, procumbide, harpagide et dérivés), triterpènes, quinone, N-alcanes, cires et lipides.
Une autre espèce, l’H. zeyheri présente un composition quasi similaire à ceci près qu’elle contient en plus du p-coumaroyl harpagide ce qui permet aux chimistes de faire la différence par chromatographie.

Les expérimentations menées chez l’animal ont permis d’identifier plusieurs propriétés thérapeutiques pour l’harpagophytum :

  • Anti-inflammatoire
  • Antirhumatismal
  • Analgésique
  • Antioxydant
  • Antiarythmique cardiaque
  • Antispasmodique (par régulation des voies cholinergiques)

Effets intestinaux : modulation de la réponse immunitaire et inflammatoire sur un modèle expérimental (rat) de colite ulcéreuse aiguë.

Avis des autorités de contrôle

Les racines secondaires tubérisées de l’harpagophytum sont inscrites sur la liste A de la Pharmacopée française.
L’EMA (agence européenne du médicament), l’ESCOP (coopération scientifique européenne de phytothérapie), l’OMS (organisation mondiale pour la santé) ainsi que la Commission E allemande reconnaissent l’usage traditionnel de l’harpagohytum pour traiter les douleurs articulaires. L’EMA reconnaît également son utilisation pour soulager les troubles digestifs légers (ballonnements, flatulences, perte d’appétit temporaire). L’agence recommande jusqu’à deux semaines de traitement en cas de troubles digestifs et jusqu’à quatre semaines pour le confort articulaire.

 

Les études cliniques réalisées sur la « griffe du diable » démontrent l’efficacité et l’intérêt de la plante pour traiter les douleurs articulaires légères à modérées et pour favoriser la mobilité et le confort articulaire dans diverses pathologies rhumatismales y compris arthritiques. De plus, les travaux réalisés semblent indiquer que l’harpagophytum présente aussi un efficacité à réduire les raideurs des articulations associées à l’arthrose. En dehors des douleurs arthritiques, la plante serait également bénéfique pour soulager les maux de dos et tout particulièrement les douleurs lombaires aiguës.

Les bienfaits sur le confort digestif (corriger le manque d’appétit et soulager les dyspepsies) seraient en théorie attribués à la capacité des principes amers à stimuler les papilles gustatives. Les essais menés dans les années 70 ont permis de prouver l’efficacité de l’harpagophytum à diminuer l’intensité des troubles digestifs et à stimuler l’appétit. Dans ce but précis, il convient de privilégier l’utilisation de la décoction ou de la teinture-mère car les gélules et autres capsules ne sont pas à même de stimuler les papilles gustatives.

L’harpagophytum est disponible sous de nombreuses formes, en usage externe ou par voie orale, sous forme sèche et sous forme liquide. Nous citerons notamment les pommades, les gels, les crèmes, la plante sèche en vrac (racine séchée et découpée), les gélules d’extrait sec ou de poudre de plante et la teinture-mère. L’harpagophyton est majoritairement proposé sous la forme de compléments alimentaires. On en trouve à tous les prix. De plus en plus de produits sont certifiés bio, toutefois ce n’est pas parce qu’un produit n’est pas bio qu’il faut le rejeter pour autant.
En effet certains produits non bio sont soumis à plus de contrôles et satisfont à des normes plus exigeantes que les produits bio, donc il convient de se renseigner au cas par cas.

En usage externe, les produits à base d’harpagophytum contiennent aussi généralement d’autres extraits de plantes médicinales ou des huiles essentielles.
Par voie orale également, des produits renfermant des mélanges synergiques peuvent être proposés pour soulager l’arthrose et les douleurs aux articulations avec, entre autres, le cassis, le curcuma, le gingembre, le boswellia ou la prêle. Ces formules synergiques sont censées apporter davantage de résultats à condition d’être vigilent quant à la qualité du produit. 
La racine séchée et découpée d’harpagophyton permet de préparer la décoction. Il faut faire bouillir pendant 15 minutes une cuillère à café de racines séchées par tasse d’eau.

L’harpagophytum ne présente pas de toxicité connue à ce jour, mais une forte consommation peut entrainer l’apparition d’effets indésirables gastro-intestinaux (douleurs abdominales, diarrhée, nausées et vomissements) ou neurologiques (céphalée, vertiges). Des réactions allergiques ont été rapportées (urticaire, éruptions cutanées, œdème).
La plante est contre-indiquée en cas d’hypersensibilité (allergie à l’harpagophytum) et par précaution, en cas de grossesse, d’allaitement et chez l’enfant.
Il est recommandé d’utiliser l’harpagophytum avec précaution en cas d’ulcère gastro-duodénal. Un avis médical est requis en cas d’antécédents de calculs biliaires. Adressez-vous à un professionnel de santé si vous avez ou avez eu par le passé des problèmes hépato-biliaires avant de démarrer une cure avec de l’harpagophyton.
Des interactions médicamenteuses sont à signaler avec les anticoagulants, les antiplaquettaires et les antiarythmiques.

Afin de bénéficier au mieux des propriétés de l’harpagophytum pour la santé digestive ou pour soulager l’arthrose et les douleurs aux articulations, il convient de sélectionner un produit contenant suffisamment de principes actifs (entre 1 et 2% d’harpagoside ou environ 3% d’iridoïdes). Vous devez identifier la forme qui vous correspondra le mieux (gélules, solution buvable, décoction à préparer, gel pour massage des articulations).

Peut-être préférerez-vous une préparation avec un mélange de plantes aux vertus anti-inflammatoires et antalgiques plutôt que l’harpagophytum seul ? N’oubliez pas de vous renseigner sur les conseils d’utilisation et de conservation.

Prenez le temps de faire quelques recherches afin de comparer les différentes formules, les prix, les avis et les réputations des laboratoires. Méfiez-vous des prix qui semblent trop attractifs par rapport à la concurrence. Autant que possible privilégiez le bio et la qualité pharmaceutique, en sachant que la certification bio ne permet pas de garantir à 100 % l’absence de contaminant chimique tandis qu’un produit de qualité pharmaceutique bénéficie quant à lui d’un contrôle qualité avec bulletin d’analyse pour chaque lot.
Bien-sûr vous pouvez également solliciter l’avis de votre professionnel de santé afin d’être guidé au mieux et en toute sécurité pour trouver un produit qui vous apportera satisfaction.

Les sources de cet article et les références des études

  • Jacques Fleurentin : Du bon usage des plantes qui soignent – Editions Ouest-France
  • Eric Lorrain : Grand manuel de phytothérapie – Editions Dunod
  • Grant L, McBean DE, Fyfe L, Warnock AM. A review of the biological and potential therapeutic actions of Harpagophytum procumbens. Phytother Res. 2007;21(3):199-209. doi:10.1002/ptr.2029
  • Chrubasik S, Junck H, Breitschwerdt H, Conradt C, Zappe H. Effectiveness of Harpagophytum extract WS 1531 in the treatment of exacerbation of low back pain: a randomized, placebo-controlled, double-blind study. Eur J Anaesthesiol. 1999;16(2):118-129. doi:10.1046/j.1365-2346.1999.00435.x
  • Leblan D, Chantre P, Fournié B. Harpagophytum procumbens in the treatment of knee and hip osteoarthritis. Four-month results of a prospective, multicenter, double-blind trial versus diacerhein. Joint Bone Spine. 2000;67(5):462-467.
  • European Scientific Cooperative on Phytotherapy (Ed). Harpagophyti radix, ESCOP Monographs on the Medicinal Uses of Plants Drugs, Centre for Complementary Health Studies, Université d'Exeter, Grande-Bretagne, 1996.

En résumé, les mots clés de l’harpagophytum
Racine, harpagoside, douleurs articulaires, arthrose, articulations, analgésique, anti-inflammatoire